• Chapitre 4 ⇒Arrivée

    Dans le chapitre précédent:

    Blush a été vendue au président et vient de rentrer dans son domaine.

     

     


     

            « Bienvenue ! crie-t-il à mon intention. »

            Je ne sais pas s’il fait ça par simple politesse ou alors s’il est réellement heureux de me voir. Je n’ose rien dire. J’opte pour la première option. Je me contente de rougir encore une fois. Quel malheur, si je commence à rougir devant lui, il va en profiter.

            « Suis-moi, je vais te faire visiter le rez-de-chaussée, c’est ici que tu travailleras. »

            Je m’exécute sans le contredire. Il m’entraine dans le hall. Un immense lustre en cristal pend du plafond haut d’environ cinq mètres. Ordinairement, je me serais demandé à quoi sert un lustre d’une telle taille mais aujourd’hui, je me demande plutôt combien de temps je mettrais pour le nettoyer.

     

            Monsieur le président ouvre une double porte en bois. Nous pénétrons à présent dans un grand séjour.

            « Voilà le Premier Salon, m’explique-t-il, c’est ici que j’aime me détendre, tu nettoieras cette pièce seulement et uniquement la nuit, lorsque personne ne s’y trouve. »

            J’allais donc devoir faire le ménage dans une salle la nuit ? Même à l’orphelinat ils étaient moins cruels. La nuit, c’est le seul moyen que j’ai de m’évader un peu de ce monde dans lequel je vis. Sans mes rêves qui me permettent de me sentir forte pour affronter toutes les difficultés qui m’entourent, je sombrerais dans une dépression sans fin...

            Passé le fait de devoir passer le balai à deux heures du matin, je peux enfin admirer la très belle pièce. Chacun de mes pas résonnent sur le sol en marbre. Les boiseries me changent des murs nus en bêton de mon ancienne chambre.

            Quant au mobilier, un vrai luxe. Deux sofas se font face au centre de la pièce. Le tissu est d’une douceur indescriptible, du cachemire peut-être ? Je ne m’y connais pas très bien en tissu mais on m’a dit un jour que tous les riches avaient du cachemire chez eux. A moins qu’on parlait des vêtements ? Enfin bref, les canapés sont très doux.

            Des buffets en ébène de chaque côté du salon sont remplis de vaisselles et de verres en cristal.

            Moi qui m’attendais à trouver une maison dans l’ère du temps, c’est-à-dire très moderne et très épurée, je suis surprise de voir des meubles en bois et des tas de tableaux aux murs.

            « Je te laisse quelques minutes, je reviens, me dit M Contempt, ne touches à rien ! »

            Il avait changé de ton tellement brutalement que je sursaute. Il quitte la pièce me laissant seule. Il y fait d’ailleurs une chaleur étouffante. Je m’avance et vois un feu brulant dans la cheminée. Un feu en cette saison ? Les Contempt sont frileux ?

            Je tente de l’éteindre mais on ne peut pas dire que se soit un franc succès… Je n’arrive qu’à me salir les mains. J’abandonne cette idée et me remets à observer les objets autour de moi.

            Il y a une dizaine d’objets anciens : des vases, des tableaux, des petites sculptures.

    Bizarrement, regarder ces vieilles choses me fait bailler et ce n’est pas les gros fauteuils en cuir dans le fond de la salle qui vont m’en dissuader. Ils ont l’air tellement confortable, si seulement je pouvais juste quelques secondes… j’hésite mais finalement je m’abstiens. Que dirait les Contempts s’ils me voyaient affalée. Pourtant, ils continuent de m’attirer, ils me tendent les bras…

            Je décide de me retourner pour regarder dehors. Les jardiniers travaillent toujours d’arrache-pied pour rendre le jardin impeccable. Les pauvres, ils suent à grosses gouttes sous les rayons du soleil.

            J’en remarque un en particulier qui me fait vraiment pitié… Un garçon d’une quinzaine d’années surement. Il est maigre, sans aucune musculature et essaie tant bien que mal de porter des sacs de terreaux. Même moi j’aurais pu le faire.

           J’irais bien l’aider mais si monsieur Contempt revenait et s’il ne me trouvait pas, il risquerait de me réprimander. Je m’assois sur le rebord de la fenêtre pour regarder tranquillement les autres travailler.

            Il me fait penser aux agriculteurs qui travaillaient dans les champs autour du village dans lequel je vivais petite. Je ne me souviens plus du nom mais je me souviens de maisons en pierre et d’une petite rue commerçante. Une larme coule sur ma joue et vient s’éclater sur le rebord de la fenêtre. Je n’ai pas repensé à mon enfance depuis longtemps mais venir ici fait remonter en moi des tas de souvenirs.

            Quand j’avais dix ans, on devait tout faire tout seul, on vivait convenablement mais on avait quand même du mal et pendant ce temps, des riches achetaient des Enfants pour jardiner et faire le ménage.

            Un sentiment de haine et de colère m’envahit soudain. Comment peut-on profiter d’orphelins comme ça. Et tout semble normal, tout le monde s’en fiche… Il n’y a rien qui ne choque personne.

            Evidemment, ce n’est pas moi du haut de mes seize ans qui peut changer quelque chose… malheureusement…

           

            Alors que je boue littéralement en pensant à l’inhumanité de notre monde, monsieur Contempt revient enfin. Il s’essuie les mains sur un tissu rouge et le range dans sa poche. Des gouttes de sueurs perlent sur son front et glissent le long de son visage. Que c’est-il donc passé ?

            « Continuons la visite, halète-t-il. »

            Je pense un moment à me rebeller, à rester là où je suis mais je me raisonne vite, ce n’est pas en agissant seule que je vais marquer les esprits, au mieux il se fiche de moi, au pire il m’oblige à récurer les sanitaires pendant un mois. Je me lève et le suis de nouveau dans le hall. Je remarque alors une porte en métal entre-ouverte dans le fond de la pièce. Je m’approche mais monsieur le président me double et la referme.

            « Ce… ce n’est pas important, c’est… ma pièce. »

            Bien évidemment, cette information ne me dissuade en rien. Au contraire, je note dans ma tête que dès que j’aurai du temps libre, j’essaierai d’y faire un petit tour.

            Je m’apprête à le suivre quand une fille arrive en hurlant :

            « Monsieur, Walker s’est fait piqué par une guêpe, il va très mal… »

     


      

    Voilà le quatrième chapitre qui est aussi l'ouverture de la deuxième partie; partie qui durera longtemps puisque Blush vient d'entrer dans le "Monde des Enfants vendus" un monde où les enfants travaillent et servent leur famille. 

    Durant cette partie, notre héroïne vivra de nouvelles aventures dans un monde qu'elle découvre à peine...

    J'ai envie de savoir vos impressions. Si vous aimez ou si vous n'aimez pas, s'il vous plaît...

     

     

    N'hésitez surtout pas à laisser un avis...

     

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  • Commentaires

    1
    Mardi 5 Août 2014 à 11:44

    J'aime toujours autant. Les descriptions sont très réussit, les émotions bien décrites. J'ai vraiment hâte de savoir ce qui va arriver à Blush.

    2
    Mardi 5 Août 2014 à 20:39

    J'adore ! Très bon chapitre,j'ai hâte de lire la suite ! ^^

    3
    Mardi 5 Août 2014 à 21:16

    Narnia-OUAT-Fiction: Merci happy

    Je remercie emmamoi03 au passage qui m'a aidé à améliorer ce chapitre notamment en me suggérant de décrire les émotions he

    Yumi: Merci Yumi !!! 

    4
    Anna ♥
    Mercredi 6 Août 2014 à 20:30

    Je suis sur qu'elle va se faire violer la nuit dans le salon tongue, et apres il va l’égorger et la mettre dans la pièce avec la porte en métal yes

    Sinon c'était dare , j'ai hâte de lire la suite ^^

    5
    Mercredi 6 Août 2014 à 23:48

    Anna ♥: Violée puis égorgée ? arf

    Si Blush meurt tout de suite, il n'y a plus d'histoire à raconter... mais merci smile

    Ne t'en fais pas, il va quand même lui arriver des trucs horribles (mais pas trop non plus winktongue)

    6
    Jeudi 7 Août 2014 à 01:25
    J'adore cette histoire est extra ! C'est un très bon chapitre !
    Et il n'y a pas de quoi me remercier, tu as fais d'un petit conseil un excellent texte ! :p
    Encore bravo !
    7
    Jeudi 7 Août 2014 à 01:27

    emmamoi03: Merci. 

    Excellent texte oh, tu trouves ? Et bien merci ! Personnellement, je dirais plutôt bon texte que j'aime (pour une fois que j'aime ce que je fais wink2)

    (Je travaille en ce moment même sur le chapitre 5 cool)

    8
    Madeline
    Mardi 2 Septembre 2014 à 20:32
    Haaaq pourquoi tu nous dévoiles qu'elle va se lier d'amitié et que ses souvenirs vont refaire surface ? Nous n'aurons plus la surprise maintenant :(
    Concernant ces derniers je trouve que c'est vraiment bien. Ca nous permet de connaitre mieux le personage principal et peut être nous identifier à elle. D'ailleurs j'ai jien aimé la manière dont tu as amené celui de ce chapitre, tu ne nous l'as pas placarder pour dire de le dire, tu as réussi à passer d'un élément présent pour ensuite faire le lien. C'est la bonne manière je trouve.
    Mr Contempt m'a l'air d'être une personne avec qui on ne sait pas sur quel pied danser. Un coup joyeux un coup grognon. De plus sa dite pièce et le fait qu'il soit revenu en sueur me semble louche, ou c'est une impression qui n'est pas bonne.
    En tout cas j'ai cru comprendre qu'il a déjà adopté d'autres enfants, quelle exploitation.
    J'ai pu voir de la description assez nombreuse pour qu'on s'imagine le lieu. Une amélioration flagrante.
    Je ne vois rien d'autre à dire mais comme toujours n'hésite pas si tu veux mon avis sur d'autres points.
    9
    Mardi 2 Septembre 2014 à 21:15

    Madeline: Ha... désolé... je n'y avais pas pensé... *en mode gros Oups* 

    Merci pour ces compliments ! J'ai beaucoup travaillé sur les descriptions et j'y travaille encore notamment à propos du mobilier et des matières employées afin que le lecteur puisse s'imaginer la scène et le luxe qui s'en dégage.

    "Exploitation" est le mot juste happy

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