• Chapitre 20 ⇒ Le Serpent

    Dans le chapitre précédent:

     

     

    Blush parle sans réfléchir à Liberty de son plan de libérer Félicina et Kaylen. Ce n'est que trop tard qu'elle se rend compte de son erreur, mais Liberty lui promet de ne rien dire sans pour autant l'aider... 

     


     

            Plusieurs jours s’écoulent sans que j’entende parler de Liberty. Ce n’est peut-être pas plus mal… Quelle idiote je fais ! Lui annoncer tout naturellement que mon but est de voler son père pour ensuite libérer mes amies. C’est comme si un chasseur prévenait sa biche avant de lui tirer une balle dans le crâne. Un acte totalement irréfléchi et inconscient qui peut, si jamais elle le révèle me faire enfermer. Au moins, je serais avec Félicina et Kaylen…

     

            La nuit tombe sur le domaine. Je dois travailler. Je dois rejoindre une nouvelle équipe de nuit exceptionnellement dans un salon à l’autre bout de la demeure. Autant dire que cela ne m’enchante pas du tout : travailler de nuit est déjà quelque chose de pénible mais en plus avec des gens que je ne connais pas !

            Je traverse plusieurs couloirs, essayant de me représenter le chemin mentalement. On me l’a montré une seule fois il y a trois jours et j’avoue que je ne m’en souviens plus tellement. Je me retrouve finalement dans une grande pièce ronde. Il doit s’agir d’une sorte d’intersection puisqu’il n’y a aucune fenêtre excepté la verrière au plafond, et seulement de grandes arches menant toutes à différents couloirs. Je tourne sur moi-même pour admirer les dimensions de la pièce et me perds bientôt… Je ne sais plus par où je suis venue. Tout se ressemble tellement ici. L’originalité ne devait surement pas être une des qualités de l’architecte.

            Je me concentre et après quelques minutes je me résigne à choisir au hasard. Je lève les yeux au ciel et regarde la pleine lune à travers les vitres. Elle se trouve à ma droite, le bon couloir sera donc celui de droite. Aussitôt je m’engage et au fur et à mesure, je comprends que je ne devrais surement pas me trouver ici…

            Les décorations se font plus luxueuses, ornés de pierreries, d’or et de bronze. Les grandes fenêtres à ma gauche donnent sur un magnifique patio que je n’avais encore jamais vu… La demeure, que je croyais déjà très grande me paraît maintenant immense.

            Je continue cependant à m’enfoncer dans les couloirs avant d’arriver devant une grande porte d’ébène. Une plaque en or m’indique qu’il s’agit du bureau de Monsieur Contempt : « Grand président d’un magnifique pays où règne paix et bonheur » La dernière ligne me fait sourire étant donné que la paix est obtenu uniquement grâce à une justice qui n’hésite pas à abattre quiconque se dresse contre l’autorité et que le moindre pas de travers se retrouve puni par d’effroyables tortures, ce qui, bien évidemment est en parfaite opposition avec le bonheur.

            J’hésite un instant à faire demi-tour avant de réaliser que c’est peut-être mon seul moyen d’entrer et d’éventuellement trouver la clé. Tout ça ne peut pas être qu’une simple coïncidence ou le fruit d’un pur hasard. Si je suis arrivée jusqu’ici, c’est pour une bonne raison et je dois entrer.

            Je colle mon oreille contre la porte : aucun bruit. Je tourne la poignée et pénètre dans l’antre de mon maître. Le bureau est un peu comme je me l’imaginais. Des boiseries aux murs et des meubles anciens, très sombre, comme le reste de la maison. En revanche, sur les murs et même au-dessus de la cheminée, on a accroché des écrans diffusant en continue des images des différents bulletins d’informations des grandes chaînes de télévision du pays (toutes contrôlées par l’Etat cependant). Ca fait tant de bien de revoir des images du monde extérieur après tant de temps enfermée ici sans aucune fenêtre qui me montre ce qui se passe derrière les grilles du domaine. Je peux ainsi voir la grande place devant le bâtiment du ministère. Plusieurs hommes politiques sont tous réunis et en bas de l’écran, le titre me renseigne sur le pourquoi du comment : Rassemblement au ministère pour définir les objectifs du nouveaux plans quinquennaux. Je n’ai jamais compris à quoi ça servait ces fameux plans. Mon père me disait toujours que ça ne marchait jamais et qu’on atteignait pas les objectifs de toute façon. Si ça peut amuser nos hommes politiques de se rassembler pour rien, qu’ils continuent. Le jour où ils se rassembleront vraiment pour améliorer notre condition de vie, la vente d’Enfants sera interdite… autant vous dire que j’aurais encore le loisir de voir le soleil se lever sur le domaine, encore et encore et encore et encore… Cette idée me donne envie de pleurer. Ou de sauter par la fenêtre…

            Je reprends vite mes esprits. J’ai surement peu de temps. Je marche jusqu’au bureau. Il est parfaitement rangé. Un seul dossier devant la chaise roulante en cuir vient casser l’alignement parfait du pot à crayons avec le presse-papier. J’ouvre un tiroir, puis un deuxième, un troisième et je les ouvre bientôt tous sans aucune trace d’une quelconque clé.

            Je fais un tour de la pièce, ouvrant quelques placards. Je ne trouve toujours rien. Je m’avance vers la cheminée. Une belle cheminée en pierre. Le seul point dérangeant serait surement le serpent qui se trouve dessus. Bien que beau, c’est indéniable, avec sa belle couleur blanche et ses yeux rouges, on ne peut pas dire que se soit la déco que j’aimerais chez moi… Si un jour j’ai un chez-moi. Je l’observe longuement quand un bruit de serrure me fait sursauter. Je me retourne rapidement mais croche malheureusement l’animal empaillé avec mes cheveux. En tirant, j’emporte avec moi le serpent qui s’écrase par terre. J’étouffe un cri  et m’accroupit en vitesse pour tenter de le ramasser. La porte s’ouvre finalement. Je reste accroupi, cachant mon visage quand je la vois. Le serpent cassé en deux et au milieu des deux morceaux du reptile, la clé. Je l’attrape en vitesse et me précipite vers la porte, tête baissée. J’hurle et pousse quelqu’un, sans savoir qui il est. Je continue de courir en entendant des pas derrière moi, puis des hurlements. Je suis suivie. Je continue de courir en serrant la clé dans ma main.

     

            Après quelques minutes de couse, je crois reconnaitre l’endroit. Je tourne à un croisement puis tourne de nouveau. J’y suis. Je me précipite dans le petit couloir sur la droite et continue de courir. Je passe quelques portes et me retrouve dans le piège à rats. Je n’entends plus personne derrière moi mais croise en revanche plusieurs Enfants qui me suivent du regard. Je tourne de nouveau, ouvre une porte et me retrouve dans la salle de bain des filles. Je pénètre dans une des douches et respire enfin. J’ouvre la main, la clé, le précieux sésame. D’un autre côté, je ne suis pas sûre que se soit celle qui ouvre la pièce secrète de Monsieur Contempt mais qui irait cacher une vulgaire clé dan un serpent empaillé ? J’ai le pressentiment que c’est la bonne.

     

     

     


      

    Deux mois sans rien... Je suis indigne et un mauvais auteur. Désolé de mon retard mais c'est en ce merveilleux jour qu'est la veille de Noël que je vous offre le chapitre 20 en cadeau ! Alors joyeux Noël petits Enfants libres...

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  • Commentaires

    1
    Dimanche 1er Mai 2016 à 20:13

    J'aime bien l'idée, j'aime bien les personnages. Blush... Blush qui rougit souvent, un peu moins maintenant mais qui rougissait souvent est particulière. On sent l'esprit rebelle. Elle semble un peu tête brûlée et sur certain chapitre prête à beaucoup pour faire tomber la tête du président mais c'est dommage que ça se perde un peu sur les autres chapitres. Après, peut-être est-ce fait exprès.

    Je me suis enfilés les chapitres (désolée de ne pas avoir laisser de commentaires sur chacun, je ne savais pas trop quoi dire à chaque fois). Ils sont courts mais ça va, j'aime assez. Je ne sais pas où tu vas nous mener avec tout ça ni même si tu continues d'écrire mais j'ai hâte de savoir si Blush va prendre assez confiance en elle est en Les Rebelles pour faire tomber cette famille de riches ! L'ennuie, c'est que si elle le fait, dans le monde que tu as créé, j'ai l'impression que ce n'est pas gagné de survivre... !

    Bref ! A bientôt ~

      • Mercredi 4 Mai 2016 à 18:26

        Ton message me fait énormément plaisir et il est vrai qu'elle perd son esprit combatif et qu'elle ne rougit plus mais c'est parce que moi-même je m'était perdu dans mon histoire. J'écris sans plan prédéfini alors quand je suis à fond dans l'histoire tout va bien mais pour cette histoire je n'était plus dedans, j'avais d'autres projets qui m'intéressaient plus et sur lequel je travaille d'ailleurs dessus en ce moment...

        Je suis tout de même heureux que ça plaise mais j'ai le regret de t'annoncer que l'histoire est en pause... je vais faire un article dessus pour tout expliquer... Désolé :/

    2
    Mercredi 4 Mai 2016 à 19:06

    Ne t'excuse pas, c'est pas grave. Pause ou même en arrêt, j'ai été heureuse de découvrir les premiers chapitres. Et puis, même si c'est un peu dommage, ça arrive de mettre en pause nos projets ! J'avoue que la date de post de ce chapitre m'a un peu mis la puce à l'oreille aussi... !

    Après, c'est vrai que c'est compliqué quand on écrit sans plan, on oublie certain détails et porté par le flot on en zappe carrément certains essentiels dans les passages mais c'est pas si grave !

      • Mercredi 4 Mai 2016 à 21:59

        C'est vrai qu'écrire sans plan n'est pas la meilleure façon d'écrire mais je me suis rendu compte que si je connaissais déjà tout d'avance je n'avais plus aucun plaisir à l'écrire après...

    3
    Jeudi 5 Mai 2016 à 19:50

    Et le plus important c'est de prendre plaisir dans ce que tu fais ! :) Ce n'était pas un reproche, au passage moi-même j'ai du mal à faire un plan... XD

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