• Chapitre 17 ⇒ La punition

    Dans le chapitre précédent:

     

    Blush a décidé de quitter sa chambre en emportant Félicina et Kaylen avec elle pour connaître réellement ce qui se passe dans le domaine.


      

            Les gardes nous conduisent jusqu’au bureau du président qui marche devant nous. Il nous guide à travers les couloirs toujours plongés dans le noir, comme s’il n’avait pas assez d’argent pour payer l’électricité… Nous continuons d’avancer quand des coups de feu retentissent dans notre dos. Instinctivement je me retourne ce qui me vaut un coup de crosse de l’arme d’un des gardes dans les côtes accompagné d’un regard noir. Si j’ai bien compris, c’est marche ou crève. Je préfère la première solution et m’exécute sans sourciller.

            De nouveaux tirs se font entendre mais je ne me retourne pas malgré la tentation. Mes côtes me font déjà souffrir, je n’ai aucune envie de me prendre un nouveau coup.

            Après plusieurs minutes de marche sans nouveau coup de feu, le président ouvre une double porte au fond d’un couloir. Il entre et nous le suivons dans la pénombre. Un craquement puis une lueur dans un coin de la pièce. Soudain, une bougie, puis deux, puis bientôt une vingtaine de bougies se retrouvent allumées, soigneusement placées dans de magnifiques chandeliers en or. C’est maintenant clair, l’électricité a été coupée. On n’allume pas de bougies sans raison, surtout quand on est le président et que l’on prône la modernité partout dans le pays. Il aurait pu à la limite s’il avait voulu créer une ambiance douce, avec un petit air de vacances en forêt, ou encore, s’il avait voulu créer une ambiance romantique, or, en ce moment, je ne pense pas que c’est son idée.

            Monsieur Contempt s’installe sur un des deux sofas en velours. Il nous fait signe à Kaylen, Félicina et à moi de nous asseoir en face de lui. Je m’assois la première, très vite imitée par les deux autres. Au regard que me lance Félicina, je comprends vite qu’elle aurait voulu rester debout pour résister mais moi je n’avais qu’une envie, m’asseoir, mes côtes me font un mal de chien.

            Le président fait un léger signe de la main et les gardes se placent aussitôt devant les fenêtres et de chaque côté de la porte. Quelle discipline. Il faut les comprendre, s’ils n’exécutent pas les ordres, c’est eux qu’on exécute.

            « Bien, commence-t-il. Vous savez que je me vois dans l’obligation de vous punir pour vous être aventurées dans les couloirs en pleine nuit et pour avoir pris part au soulèvement. »

            Le salop ! On voit très clairement qu’il prend plaisir à prendre tout son temps pour nous parler, comme s’il aimait nous faire souffrir en nous faisant patienter un long moment avant de finalement nous révéler notre sentence. Si mes côtes ne me faisaient pas autant mal, je crois que je lui aurais sauté au cou.

            « Kaylen… on ne peut pas dire que tu sois d’une très grande aide dans cette maison. Encore un caprice de ma femme… soupire-t-il, je suis certain que quand tu étais à l’orphelinat, tu devais te dire que tu ne passerais jamais l’épreuve de l’observation. Et pourtant… Enfin bref, tu n’es ni belle à regarder, nous ne sommes pas en sous effectif alors je crois que je vais pouvoir m’amuser un peu… Gardes, faites ce que vous avez à faire. »

            Aussitôt, deux hommes saisissent chacun un bras de Kaylen et l’entrainent avec eux. La jeune fille devient livide, ne sachant que faire. Bouger et se défendre ou bien rester immobile et rester passive aux agissements inhumains du président ? Lui, restait stoïque face aux regards apeurés que lançaient Kaylen. On aurait dit un lapin se sentant traqué, courant dans la forêt à la recherche d’un abri alors que pourtant, il n’y avait aucun espoir.

            J’aurais pu bouger. Félicina aurait pu aussi. Mais nous n’avons rien fait. À quoi bon ? Un seul mouvement, même pour replacer une mèche de cheveux derrière nos oreilles nous aurait valu une balle dans la tête. J’en suis presque certaine. Je n’ose même pas regarder Kaylen quitter la pièce de peur de me faire frapper de nouveau.

            « Félicina, reprend le président, comme si rien ne venait de se passer, je crois bien que nous allons nous amuser également. »

            Et il sourit. Si on peut appeler ça un sourire. Il ne fait que soulever le coin gauche de ses lèvres en regardant Félicina comme on regarde une pièce de viande chez le boucher. Et c’est ce qu’elle est maintenant : un morceau de viande qui finira dans la bouche du président.

            L’adolescente n’est pas stupide, ni totalement innocente, elle sait très bien ce que le président a derrière la tête. Elle me lance un regard, mélange de tristesse et de dégoût, ce simple regard me fait tout de suite comprendre qu’elle attend que je m’interpose, que je dise quelque chose. Mais je ne peux pas… je ne veux pas… Un simple mot, même un petit me vaudrait une balle qui me tuerait sur place. Je me contente de tourner la tête pour ne pas la voir partir, tirer par les gardes. J’entends tout de même ses cris qui déchirent le silence des couloirs et même une fois la porte fermée, je l’entends toujours se débattre à l’extérieur.

            Le président me regarde finalement, une fois les insultes de Félicina disparues et le calme revenue.

            « Qu’est-ce que vous allez me faire ? je demande sur un ton de défi qui me surprend moi-même

            -Agressive ? J’adore, me lance le président

            -Je ne suis pas agressive, je veux seulement savoir…

            -Au risque de te décevoir… je ne sais pas encore quel sort je te réserve. Tu peux bien t’imaginer que j’ai des tas de façons de te punir et j’aimerais choisir celle qui te fera comprendre qu’ici c’est moi qui commande. »

            Je ne le quitte pas des yeux. Je résiste à la pression de son regard. Il n’attend qu’une chose, que je baisse les bras et que je laisse tomber, comme je l’ai fait avec Félicina et Kaylen, mais au risque de paraître égoïste, il s’agit de moi là, et quand il s’agit de moi, je veux me battre. On a tous le droit d’être libre de son corps… du moins on l’était, il y a très longtemps…

            « Tu es coriace… j’aime bien… mais en attendant, tu vas retourner dans ta chambre, tu vas continuer de travailler et quand j’aurais trouvé comment te punir, je te le ferais savoir… »

            Je ne le lâche pas des yeux, je ne me débats pas quand on m’attrape les bras et je ne tourne la tête qu’une fois la porte fermée derrière moi. Je me laisse ensuite guider jusqu’à dans ma chambre. Heureusement parce que je n’aurais jamais pu y retourner seule. On ne dirait pas mais le domaine est très grand, bien plus que mon village d’enfance.

           

            Un des gardes ouvre la porte de ma chambre, un autre me jette littéralement sur mon lit. Je me relève furieuse :

            « Vous êtes obligés d’être aussi brute ? je m’énerve

            -Ta gueule. »

            L’un d’entre eux me pousse de la main et je me rassois d’un coup sec. Il pouffe de rire, visiblement fièr de lui. Le grand garçon a réussi à faire asseoir une adolescente de seize and et il est content. Si je mesurais cinquante centimètres de plus et que j’avais plus de muscles, je l’aurais frappé mais là, je m’écrase et me contente de lui lancer un regard noir.

            Les deux gardes quittent ma chambre, me laissant seule… enfin… Je m’allonge sur le matelas. Une larme perle au coin de mon œil et roule sur ma joue. Comment ai-je pu regarder Kaylen se faire enlever loin de nous ? Comment ai-je pu laisser Félicina partir avec les gardes ? Et si je ne les retrouve jamais ? Il faut que je les retrouve mais je ne peux pas… Et puis il y a ce soulèvement dont parlait le président, il disait que nous étions coupables. Mais je ne comprends rien, je ne suis coupable de rien… à part peut-être de non assistance à personne en danger. Mais je n’ai jamais voulu me rebeller, j’y ai pensé (de toute façon, je n’ai plus rien à perdre) mais je n’ai jamais rejoint un groupe de rebelles, et pourtant il y a le choix. Les rumeurs disent qu’il y a pas moins d’une cinquante de groupes de rebelles dans le pays. J’espère en rejoindre un, un jour… si je ne meurs pas avant évidemment. Il paraît que le combat est beaucoup plus dur à gagner quand on est mort…

            Je me tourne dans mon lit et jette un coup d’œil en direction de la fenêtre. La lune éclaire assez bien pour que je distingue la cime des arbres au loin et les quelques flocons qui tombent lentement des nuages et qui viennent s’écraser sur ma petite fenêtre. Ils fondent ensuite, se transformant ensuite en petite goutte. C’est assez joli. J’ai toujours été fasciné par l’eau. Un coup glace, un coup brume. Plusieurs aspects pour la même chose, c’est fascinant. Les flocons tombent de plus en plus nombreux comme s’ils voulaient eux-aussi se rebeller contre le domaine en le recouvrant entièrement.

            C’est ce que j’appelle : les Flocons de l’Espoir. 

     

     

     


      

    Et voilà ! J'ai écrit le chapitre 17 à une vitesse folle, en une soirée je l'avais écrit et après quelques modifications, il était parfait (du moins de mon point de vue). Pour une fois que le chapitre ressemble exactement à ce que j'avais dans la tête ^^

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  • Commentaires

    1
    Lundi 27 Juillet 2015 à 16:16

    J'adore, comme d'habitude :)

    Le menu en haut est très pratique!

    2
    Lundi 27 Juillet 2015 à 20:05

    Just Dream: Merci beaucoup ^^

    Merci :) J'avais envie de changer et ça prend moins de place que dans l'accueil, je suis fier de moi :P

    3
    Lundi 27 Juillet 2015 à 20:46

    De rien^^

    Le changement ça fait du bien parfois. En mai, j'ai décidé de changer de nom de blog et de pseudo, j'en avais marre des anciens. Pareil pour mon nouveau thème de juillet sur mon blog, j'ai fais énormément de rangement et je suis également fière de moi ;)

    4
    Mercredi 29 Juillet 2015 à 00:21

    Just Dream: Tout à fait d'accord ^^

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